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Expansion : Le retour des Expos passe enfin de rêve à projet
13 sept. 2026 · 56 vues
Pendant plus de vingt ans, le retour des Expos à Montréal a surtout appartenu au domaine de la nostalgie. On ressortait les casquettes, on évoquait Gary Carter, Tim Raines et Vladimir Guerrero, puis on rappelait que le Stade olympique n’était plus une solution crédible. Aujourd’hui, le contexte change. La MLB semble enfin prête à relancer sérieusement le dossier d’une expansion à 32 équipes, et Montréal figure de nouveau parmi les villes considérées.
Cela ne signifie pas que les Expos reviendront bientôt. Cela signifie plutôt que la ville pourrait obtenir une nouvelle occasion de démontrer qu’elle mérite une équipe.
Une expansion encore à ses débuts
La MLB compte actuellement 30 équipes. Le commissaire Rob Manfred souhaite porter ce nombre à 32 avant la fin de son mandat, prévue en janvier 2029. Deux nouvelles franchises permettraient aussi de réorganiser les divisions en fonction de la géographie, avec 16 équipes dans chaque ligue.
Le processus officiel n’est toutefois pas encore lancé. La convention collective entre la MLB et les joueurs doit prendre fin le 1er décembre 2026, et les règles d’une éventuelle expansion devront être discutées dans le cadre de la prochaine entente. Selon les scénarios actuellement évoqués, les nouvelles équipes ne commenceraient pas à jouer avant 2032 ou 2033.
Montréal n’est donc pas à quelques mois du premier lancer. La ville se trouve plutôt au début d’une compétition qui pourrait s’étirer pendant plusieurs années.
Montréal possède le meilleur récit
Parmi les villes candidates, Montréal est la seule à avoir déjà accueilli une équipe de la MLB. Les Expos ont joué au Québec de 1969 à 2004 avant de déménager à Washington pour devenir les Nationals.
Cette histoire constitue un avantage considérable. Le retour des Expos offrirait immédiatement à la MLB une trame narrative puissante : une franchise abandonnée qui retrouve ses partisans, une rivalité renouvelée avec Toronto et une nouvelle équipe qui pourrait s’appuyer sur plusieurs générations de souvenirs.
Montréal possède également un marché métropolitain important, une identité sportive forte et une position géographique intéressante dans l’Est de l’Amérique du Nord. Une équipe québécoise permettrait à la MLB de renforcer sa présence au Canada et d’exploiter un marché francophone unique.
Mais l’histoire ne paiera pas les factures. Elle ne construira pas un stade et ne garantira pas que les partisans rempliront les gradins pendant une saison difficile.
Le stade demeure le dossier central
Le principal problème de Montréal est connu : il n’existe toujours pas de stade moderne conçu pour le baseball.
Le Stade olympique peut accueillir des matchs et demeure associé à de grands souvenirs, mais il ne représente pas une solution permanente. Son âge, ses coûts d’entretien, son expérience pour les spectateurs et ses limites commerciales jouent contre lui.
Pour être crédible, Montréal devra présenter un projet précis, avec un site identifié, un financement solide et un échéancier réaliste. Le bassin Peel a déjà été associé aux anciennes démarches visant le retour des Expos, mais aucune proposition définitive ne semble actuellement prête à être soumise aux dirigeants du baseball majeur.
C’est ici que certaines villes américaines pourraient prendre l’avantage. Nashville, Raleigh, Portland, Orlando et Salt Lake City sont également mentionnées parmi les marchés potentiels. Plusieurs pourraient offrir à la MLB une candidature plus simple sur le plan politique, surtout si elles disposent déjà d’un terrain ou d’un plan de stade.
Une facture qui changera le débat
Le coût d’une franchise d’expansion pourrait atteindre environ 2,5 milliards de dollars américains, sans compter la construction du stade et les infrastructures environnantes.
Montréal devra donc réunir un groupe de propriétaires extrêmement puissant. Ce groupe devra financer l’achat de la franchise, le stade, le centre d’entraînement, les opérations baseball et les pertes possibles des premières saisons.
Le financement public sera inévitablement au cœur de la discussion. Les gouvernements québécois et montréalais voudront connaître les retombées économiques avant de participer à un tel projet. Les contribuables, eux, demanderont pourquoi ils devraient contribuer à la création d’un actif appartenant à des investisseurs privés.
La réponse ne pourra pas reposer uniquement sur la nostalgie. Il faudra présenter des garanties, des chiffres et un modèle d’affaires transparent.
Montréal est dans la course, pas en tête
Le plus grand danger serait de confondre intérêt médiatique et candidature officielle. La MLB n’a pas encore annoncé de processus formel d’expansion, et aucune décision n’a été prise.
Montréal dispose du meilleur récit, mais ses rivales pourraient présenter de meilleurs dossiers immobiliers et financiers. Pour gagner, la métropole devra démontrer qu’elle a appris du passé : une équipe permanente, une propriété stable, un investissement sérieux dans la formation et une stratégie capable d’attirer une nouvelle génération.
Le retour des Expos est donc redevenu possible. Pas certain, pas imminent, mais possible. Cette fois, Montréal ne devra pas seulement rappeler pourquoi elle aime le baseball. Elle devra prouver qu’elle est prête à bâtir une organisation capable de survivre aux mauvais jours.
Le rêve est de retour. Maintenant, il faut un stade, des investisseurs et un véritable plan.


